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L'actu du football américain


Saison 2011/2012


LE COACH OLIVIER MORET ET L'INTERNATIONAL BOWL 2012


Olivier, quelles sont tes impressions après ce troisième World Bowl ?

Olivier MORET : Pour moi, c’est la troisième participation à ce match. Nous nous étions rapprochés l’an passé 21-14 après le 17-0 de la première confrontation en janvier 2010.
Cette victoire, sur le score de 35 à 29, est celle d’un groupe d’entraîneurs qui s’est étoffé au fil des années mais qui reste globalement le même. Le Head coach actuel, Greg MARSHALL, était coordinateur offensif lors du premier match. C’est plaisant de retrouver des coachs issus du monde entier et concentrés sur un même objectif.
Nous ne comptons pas nos heures et ne trichons pas. Il y a une vraie collaboration. C’est vraiment étonnant et motivant.


Est-ce une surprise cette victoire ?

OM : Oui et non. Oui parce que c’est la première défaite d’une équipe nationale américaine au football américain. Sur ce point, c’est un moment historique.
Non parce que je pense que nous le voulions beaucoup plus qu’eux. Le staff le voulait plus, l’équipe l’a prouvé sur le terrain.


Que peut-on attendre de cette victoire de l’équipe du Monde ?

OM : Je pense que l’IFAF a prouvé l’intérêt de ce match à ceux qui aux Etats-Unis, et ils sont nombreux, pensent qu’ils sont les seuls à pratiquer ce sport. Il y avait plus de 20 nations représentées dans l’équipe. C’est beau non ??
C’est la preuve que le football américain se développe partout dans le monde. J’ai découvert qu’il y a ainsi plus de 100 clubs au Brésil.
On peut espérer que la NFL finance encore plus de vrais projets de développement au travers des fédérations.


Et les joueurs français ?

OM : Il faut tout d’abord rappeler que c’est la DTN qui propose les noms des joueurs français à l’IFAF. Il s’agit donc d’envoyer des joueurs d’un bon niveau et dont la capacité de travail est importante. La quantité de travail est comparable à un stage de l’équipe de France, en revanche, tout va beaucoup plus vite et la concurrence est monstrueuse.
Il y a deux ans le Nose de l’équipe était Jesse WILLIAMS. Il est starter à ALABAMA et vient de gagner le BCS Bowl, ca donne une idée du niveau de l’équipe.

Pour en revenir aux Français, il faut rappeler que deux d’entre eux faisaient partie des 50 meilleurs joueurs du Monde : Victor FERRIER et Guiterembi VICKOS. C’est une reconnaissance formidable du niveau du football américain en France. Ces deux jeunes étaient à Séville au championnat d’Europe cet été et leurs performances ont joué dans leur sélection.
Parallèlement, le fait qu’ils soient tous les deux en pôle est un gros atout.
Les sélectionneurs savent que ce sont des gens qui ont fait le choix du haut niveau et qui s’entraînent tous les jours.

Les autres joueurs français qualifiés en équipe de développement ont eux aussi montré leur talent. Il s’agit de Nicolas KHANDAR, Rémi BERTELLIN, Mathias SOLER, Kevin SOLER et Amine MEKRI.
Les trois derniers, évoluant au Canada l’an passé ont effectué une grosse semaine.
Amine a failli intégrer le « final roster » tant ses entraînements étaient bons avec l’équipe des titulaires.

Nos français du Canada ont brillé lors du scrimmage final qui opposait les 60 joueurs de l’équipe de développement. Mathias, le quarterback, a complété plusieurs passes et a gagné de nombreux yards au sol. Kévin en position de strong safety a réalisé plusieurs placages dont un sur une 4ème tentative sur une course du QB.
Amine a pour sa part réalisé un très gros jeu en strippant la balle dans les mains du receveur qui était à 2 yards de l’embut. Il a même récupéré ce « turn over » et a regagné quelques yards avant de redonner le ballon à son équipe.
Plusieurs scouts présents ont apprécié ce geste de haut niveau.

Nicolas et Rémi ont eu moins l’occasion de briller durant le scrimmage, mais ils ont marqué des points durant tous les entraînements en montrant leurs qualités techniques.

Tous les coachs étaient unanimes : « Les français sont bien coachés et bien formés ».
Il était donc important que ces joueurs soient de bons ambassadeurs du football américain en France. Ces 6 joueurs là ont fait plus de publicité pour le football en France que de nombreux discours….


La différence avec les joueurs canadiens qui forment la majorité de l’équipe ?

OM : La vitesse. Pas seulement la vitesse dans les courses et tous les gestes, mais aussi la vitesse de réaction et de lecture. Ce sont des jeunes gens qui pratiquent toute l’année contre des joueurs qui vont plus vite et plus fort.
Par contre, il est notable que les français en 8 jours ont rattrapé pas mal de ce retard. Ca veut juste dire qu’il est possible d’évoluer à leur niveau en s’entraînant comme eux !
Ce sont aussi des joueurs qui sont plus complets plus jeunes. Ca nous conforte dans notre réflexion de formation articulée autour du DAFALT.
Former de vrais athlètes, ne pas les spécialiser trop tôt, et les faire jouer au plus haut-niveau dés que possible.


L’avenir ?

OM : En ce qui concerne Team World, placer d’autres français en équipe première. C’est une expérience énorme tant sportive qu’humaine !
Quatre d’entre eux sont sélectionnables en équipe de France pour la future Coupe du MONDE au Texas. Je pense que cette expérience au plus haut niveau pourrait être bénéfique pour l’ensemble de l’équipe tricolore.
Pour l’ensemble des joueurs français qui ambitionnent de vivre une expérience de ce niveau, cela veut donc dire que c’est possible !!

Pour être plus clair c’est possible si l’on s’entraîne tous les jours, ce qui était le cas de nos 6 joueurs français.
On ne peut prétendre intégrer cette équipe en ne faisant que deux entraînements par semaine. Les structures du PES, les pôles sont évidemment très bien côtés par l’IFAF. Cependant, il est possible de postuler en étant dans un club excellence où un entraînement quotidien est organisé.

Le principe n’est pas de vouloir faire du haut niveau. Tout le monde souhaite intégrer l’équipe de France ou l’équipe du Monde. Par contre, ils sont moins nombreux à s’engager dans cette voie du sport de haut niveau…

C’est pourquoi le rôle de nos 6 joueurs est important au sein de leurs structures.


Un dernier message ?

OM : Oui ! Il est importantissime de bosser l’anglais à l’école. Le niveau d’anglais, mais aussi la moyenne générale sont des freins énormes à des projets de départ vers les meilleurs programmes au Canada et aux Etats-Unis. Il ne faut pas laisser tomber l’école au profit de la salle de musculation ou du terrain. Jouer au plus haut niveau est un double projet sportif et scolaire !!